Les Grandes Alpes, hôtel historique au centre de la station de Courchevel 1850 (Savoie), a connu un violent incendie, mardi 27 janvier. Une centaine de personnes ont été évacuées dès les premières minutes. Dans la nuit, le feu s’est propagé à la résidence voisine du même nom, avant de menacer l’hôtel Le Lana, autre établissement emblématique de la station. Environ 270 personnes, clients et personnels, ont dû être évacuées et relogées dans d’autres établissements de la station, dans le plus grand calme. Face à un incendie particulièrement complexe, près de 180 sapeurs-pompiers ont été mobilisés, appuyés par 72 véhicules. Des renforts sont venus de Savoie, de Haute-Savoie, de l’Isère, mais aussi de l’Ain et du Rhône. Les secours ont dû lutter contre une toiture en lauzes (pierres plates) recouverte de plus de 50 centimètres de neige, empêchant la création d’exutoires de fumée. Les flammes progressaient sous des toits enchevêtrés, dans un secteur dense mêlant hôtels de luxe et grands chalets en bois.
Une lutte hors normes contre le feu
Malgré ces conditions éprouvantes, l’incendie a été circonscrit le lendemain en début d’après-midi. “Le feu n’avance plus, la température descend”, a indiqué la préfète de Savoie, Vanina Nicoli, saluant le courage et l’engagement des équipes. Grâce à un dispositif impressionnant mêlant grue, drones thermiques et surveillance continue, l’hôtel Le Lana a finalement été déclaré hors de danger. Six pompiers ont été légèrement blessés, principalement par inhalation de fumées, sans gravité. Dans les établissements concernés, les dispositifs de sécurité ont pleinement joué leur rôle. Le personnel, formé et préparé à ce type de situation, a procédé aux évacuations avec méthode et sang-froid. Un client du Lana évoque une nuit particulièrement marquante, vécue dans “le calme, la discipline et le professionnalisme”, soulignant que “le vrai luxe, c’est l’humain, le courage et la résistance à la pression”.
Le Lana sauvé de justesse
Pour Nicolas Tournier, propriétaire de l’hôtel Le Lana, l’émotion reste vive. “On est passés très près de la catastrophe”, confie-t-il, rendant hommage au “travail absolument remarquable” des pompiers. Il salue également l’exemplarité de ses équipes, entraînées à ce type d’exercice, lors d’une évacuation menée chambre après chambre, sans mouvement de panique, au cœur de la nuit. Aux Grandes Alpes, le chef deux étoiles Michelin Sylvestre Wahid a vu son restaurant entièrement détruit. “C’est cinq ans de vie qui partent en fumée, mais il faut penser à l’après, explique-t-il. Je pense avant tout à mes douze salariés, placés en chômage technique. Je veux qu’ils se reposent pour mieux rebondir.” Résilient, Sylvestre Wahid prépare déjà la suite. Il envisage de déplacer son restaurant dans le sud de la France, un projet encore à l’état de réflexion. Il poursuit également le développement d’Alyas, un concept de cuisine entre Asie et Orient. “Le plus important, c’est qu’il n’y ait eu aucun dégât humain. Le reste se reconstruit.”
Car les professionnels de la station regardent désormais vers l’avenir. Si la reconstruction prendra du temps, au minimum un an et demi, la station continue à fonctionner en pleine saison. Elle a démontré sa solidarité et sa capacité à faire face, cette épreuve forte, est une étape mais une étape seulement, dans l’histoire d’une station habituée à se relever.
Publié par Fleur TARI-FLON
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